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Il n’y a pas longtemps, j’ai vécu une situation de harcèlement moral en contexte professionnel


C’est insidieux, le harcèlement moral. Les faits sont tellement subtils et, souvent, les attitudes de la harceleuse ou du harceleur peuvent sembler tellement anodines lorsqu’elles sont isolées, qu’il est difficile à prouver.


Et pourtant, l’animosité était bien là, omniprésente.

Dans sa façon d’éviter ostensiblement mon regard, dans le ton qu’elle employait pour s’adresser à moi – elle a quelque responsabilité, voyez-vous, alors elle s’arroge le droit d’être méprisante –, sa manière de fermer une porte, le climat de suspicion qu’elle imposait en rôdant autour de moi, son refus de m’écouter (« Je peux m’exprimer ? – Non. »), et même, ses agressions (« Poussez-vous !» <= true story, ma réplique préférée de toute la semaine).

Mais, bien sûr, si elle m’a interdit l’accès à l’imprimante, c’est qu'elle a une bonne raison. Mais, évidemment, si elle m’a empêchée de voir une collaboratrice à qui j’avais une question à poser, c’est parce qu’elle la protège du burn out. Mais, cela va sans dire, si elle a besoin de parler à cette autre alors qu'elle me rendait justement un service, c’est un hasard.


Et puis quoi, de quoi je me plains ?

Je ne suis pas empêchée : il y a une autre imprimante, une autre manière de répondre à ma question, ou il suffit d’attendre un peu. Je suis juste ralentie, mon travail est juste plus difficile à faire, je dois juste déployer plus d’énergie.

Et, comme j’ai perdu du temps et que mon esprit est parasité par la nocivité de cette personne, j’ai beaucoup plus de mal à faire mon travail aussi bien que d’habitude. Surtout que je sais qu’elle est là, tapie dans l’ombre, à guetter le moindre faux-pas.

Il n’y a pas eu de faux-pas. la prestation a été une réussite, mon travail inattaquable : tout le monde – sauf elle – s’accorde à le dire.

Je suis plutôt quelqu’un d’assurée et de bien dans ses baskets

Je crois d’ailleurs bien que c’est ça qu’elle n’a pas pu blairer. Et puis, je suis entrepreneuse indépendante : ça n’a duré que le temps de la prestation, je n’ai pas de rapport hiérarchique avec cette personne et je suis libre de ne plus jamais travailler avec elle.


Et pourtant.

Sur le coup, je n’ai malgré tout pas osé répondre, me rebeller, partir. J’ai passé les quelques jours de la prestation à avoir le ventre noué, à me sentir prise au piège, à mal dormir, à me raccrocher à tout ce que je pouvais pour ne pas sombrer. J’en ressors avec une estime de moi amoindrie, une peur que ça recommence. Je ressens du dégout : je n’ai même pas envie de faire un article sur la presta, alors que je n’ai pas souvent eu de retours aussi dithyrambiques qu’à cette occasion. Je suis triste : cette presta, elle avait du sens, elle avait une utilité, elle était vouée à se reproduire dans cette structure. Et pour mon collaborateur qui a fait la prestation avec moi et qui a subi aussi le harcèlement, ça a été encore pire : il s’est effondré en larmes plusieurs fois et a fait des cauchemars.


Alors, si vous vivez ou avez vécu une situation de harcèlement, au travail ou ailleurs :

Ce n’est pas vous qui avez un problème.
C’est elle, c'est lui.

Non, vous n’avez rien fait pour mériter ça. Ce n’est pas une situation normale. Vous n’être pas trop émotif·ve, grand·e, petit·e, gros·se, noir·e, handicapé·e, bizarre, pas comme les autres. Vous ne prenez pas les choses trop à cœur, vous ne vous faites pas de films.

Vous n’êtes pas seul·e.

Parlez-en autour de vous, racontez ce que vous vivez, contactez les personnes qui peuvent vous aider.


Pour enfin, l’empêcher de nuire.

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2354

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